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Nos Perrons

Le problème des origines du perron est difficile à résoudre. Il semble que la croix d’immunité, symbole naturel des possessions ecclésiastiques, s’associa à la croix assurant la paix sur les marchés et à la colonne figurant l’autorité judiciaire (*1). Quand les évêques de Liège se comportèrent en princes souverains avec le droit de haute justice, de monnaie, etc… le perron symbolisa la juridiction épiscopale et il apparut sur les monnaies.

Les Bourgs du 11ème siècle offrent à l’historien le spectacle d’un groupe social en voie d’évolution (*2) et on vit s’élaborer petit à petit ce que l’on pourrait appeler le programme des revendications politiques de la bourgeoisie. Ce programme se résumait dans ce mot qu’ont employé, à toutes les époques, les partis novateurs : « La liberté ». La liberté, c’est-à-dire l’extirpation complète du droit domanial, l’affranchissement des personnes et des terres, la suppression des juridictions multiples, la transformation de la ville en un territoire juridique distinct, possédant un droit en harmonie avec les intérêts de la population et un tribunal spécial pour l’appliquer . Lorsque les villes firent reconnaître par écrit que l’évêque ne pouvait modifier la coutume et le droit sans leur assentiment, le perron devint un signe de franchise et de liberté politique .

Dans ces temps où l’on écrivait à peine, le perron était considéré par le peuple comme le titre précieux, le souvenir le plus durable et le plus visible des droits qu’il avait conquis.

La forme matérielle du perron a varié au cours des âges. Le perron n’a pas acquis du jour au lendemain son aspect définitif. Pour Kurth (*3) ce fut d’abord une simple croix surmontant une colonne…Bientôt, on trouve des degrés…tandis que la croix repose sur un renflement sphérique destiné à renforcer sa base et qui se stylisa en pomme de pin au début du 13ème siècle.

Un moment vint dans le dernier quart du 16ème siècle où l’administration urbaine put se passer du monument et on vit un peu partout les perrons se dégrader dans l’indifférence la plus complète. A Spa, il fut remplacé en 1674 par une fontaine d’aspect monumental en haut de laquelle figurait un nouveau perron en bronze . Le « palladium » du ban de Spa n’était plus qu’un motif d’ornementation (*1).

A Surister, le perron bien qu’en piteux état, continuera à servir de lieu d’affichage et de proclamation jusqu’à la fin du 18ème siècle. Certaines de ces affiches sont conservées aux archives de l’état.

Et puis a soufflé le vent de la révolution ! Cette même liberté qui avait conduit à l’érection des perrons va être la cause de leur perte . Le peuple en révolte contre la noblesse et le clergé se comporte en iconoclaste et détruit tous les monuments qui symbolisent à ses yeux l’oppression et la tyrannie. Des cathédrales s’effondrent, des monuments disparaissent et, parmi eux, les perrons.

Certains seront brisés et réduit à rien. Sur d’autres, on se contentera de marteler les armoiries du Prince (Theux). D’autres encore finiront recyclés. Ce fut vraisemblablement le cas pour celui de Surister ; ici, un seuil de porte, là un échalier… Dans nos contrées ardennaises, rien ne se perd !

Le perron de Sart fut remis en état à plusieurs reprises et celui de Surister fut reconstruit en 1992 sur base d’une gravure de Remacle Leloup et d’un morceau de colonne retrouvé.

(*1) : John Knaepen : Le perron de Visé – éd. Du Vieux Liège citant P. Huvelin – Essais sur le droit des marchés et des foires pp. 354 à 356 – Paris 1897.

(*2) : Henry Pirenne – Histoire de Belgique

(*3) : La cité de Liège au moyen-âge T.11 p.143